Qu'est-ce que le reste à vivre ?
Le reste à vivre se calcule simplement : vos revenus nets du mois, moins vos charges fixes. Ce qui reste finance tout ce qui varie d'un mois à l'autre — l'alimentation, les vêtements, les loisirs, les cadeaux, les petites dépenses imprévues. C'est la marge de manœuvre réelle de votre budget.
C'est un indicateur plus parlant que le salaire. Deux personnes qui gagnent la même somme peuvent avoir un quotidien très différent selon leur loyer, leurs crédits ou leurs frais de transport. À revenu égal, c'est le reste à vivre qui dit ce qu'on peut réellement se permettre.
Les banques le regardent d'ailleurs de près avant d'accorder un crédit, à côté du taux d'endettement : un emprunteur qui garde un reste à vivre confortable après sa mensualité présente moins de risque. Le connaître, c'est donc aussi savoir comment votre dossier sera lu.
Quelles charges compter, et lesquelles laisser de côté
Comptez tout ce qui revient chaque mois et que vous ne pouvez pas réduire du jour au lendemain : le loyer ou la mensualité de crédit immobilier, l'énergie et l'eau, les assurances et la mutuelle, les crédits à la consommation, l'abonnement de transport ou les frais de voiture, le téléphone et internet, les abonnements, les pensions versées. Si vos impôts sont mensualisés en dehors du prélèvement à la source, ajoutez-les aussi.
Laissez en revanche de côté les dépenses variables : courses, restaurants, sorties, vêtements, loisirs. Ce sont précisément elles que le reste à vivre doit financer. Les compter dans les charges reviendrait à les soustraire deux fois, et à sous-estimer ce dont vous disposez vraiment.
Pour les revenus, partez du net perçu sur votre compte, après prélèvement à la source. Si vos revenus varient, prenez une moyenne sur plusieurs mois plutôt que votre meilleur mois : un reste à vivre calculé sur un revenu exceptionnel donne une image trop optimiste.
Épargner d'abord, dépenser ensuite
Le calculateur vous propose d'indiquer ce que vous mettez de côté chaque mois. Ce n'est pas une charge au sens strict, mais la traiter comme telle change tout : si l'épargne part en début de mois, le reste à vivre devient ce que vous pouvez dépenser sans remettre en cause vos projets.
C'est le principe inverse de l'épargne « avec ce qu'il reste » en fin de mois, qui aboutit le plus souvent à ne rien mettre de côté. Programmé le jour de la paie, un virement modeste mais régulier suffit à faire de l'épargne une habitude plutôt qu'un effort.
Regardez enfin le montant par jour. Un reste à vivre de 900 euros par mois paraît abstrait ; savoir qu'on dispose d'environ 30 euros par jour pour tout le reste rend chaque dépense beaucoup plus facile à arbitrer — et permet de se faire plaisir sans culpabiliser quand on sait que c'est prévu.